Lire, écrire et apprendre à apprendre dans l’enseignement secondaire et à l’université

Ces journées d’étude permettront d’aborder plusieurs questions relatives au développement des compétences en lecture et en écriture. Les travaux proposés prendront appui à la fois sur des apports scientifiques et sur l’échange de pratiques, faisant ainsi le pari du croisement de regards et de perspectives. Les publics visés seront donc variés : chercheurs spécialistes de l’apprentissage/enseignement de la lecture et l’écriture, enseignants du secondaire et du supérieur, étudiants de l’INSPé, personnels d’encadrement de l’éducation nationale, moniteurs, doctorants, nouveaux maîtres de conférences et conseillers à la pédagogie dans l’enseignement supérieur.

Ces journées viseront le développement de trois axes.

INSCRIPTION

Axe 1. La lecture et l’écriture comme objets d’enseignement et d’apprentissage

Deux perspectives seront croisées au travers ces journées d’étude : la première, cognitive, abordera les mécanismes cognitifs clés à l’œuvre dans l’apprentissage de la compréhension et de la production d’écrits ; la seconde perspective, didactique, permettra de saisir les interactions entre les usages de la lecture et de l’écriture, les représentations des apprenants et des enseignants, et les contextes disciplinaires. Des questions spécifiques seront traitées :

Quelles sont les connaissances et les stratégies que les étudiants doivent maîtriser pour faire face aux exigences de la lecture universitaire ?
Quelles dynamiques entrent en jeu durant les processus de production d’écrits et comment ces processus varient-ils selon les mediums utilisés ?
Quels obstacles les étudiants rencontrent-ils à la lecture de textes universitaires ?
Comment faciliter la prise de notes des étudiants à partir de l’explication des représentations des enseignants
et des apprenants ?

Axe 2. La lecture et l’écriture comme moyens d’apprentissage

Dans le secondaire et à l’université, les activités de compréhension et de production de textes sont essentielles à la construction de savoirs. Ces apprentissages ayant lieu dans des contextes disciplinaires différents, il sera question d’interroger les pratiques pédagogiques propres aux disciplines.

Comment la lecture et l’écriture sont-elles investies dans les pratiques des enseignants pour une
appropriation des savoirs disciplinaires ?
En quoi ces usages exploitent-ils la fonction épistémique des processus de lecture et d’écriture ?
Quelle contribution la métacognition en jeu dans les processus de lecture et d’écriture peut-elle apporter
au développement de l’apprendre à apprendre dans les disciplines ?
En quoi les diverses pratiques de lecture et d’écriture de textes scientifiques reflètent-elles
des fonctions de l’écrit dans les disciplines universitaires ?

Axe 3. Les ressources nécessaires à la construction d’une transition réussie du secondaire vers l’université

A travers la mise en commun des pratiques d’enseignement de la lecture et de l’écriture dans le secondaire et à l’université, il sera possible de repérer les conditions facilitatrices de l’entrée des étudiants dans le supérieur. Dans la perspective du continuum Bac-3 / Bac+ 3, ces journées d’étude permettront d’étudier comment l’accompagnement au développement de ces trois compétences transversales -lire, écrire et apprendre à apprendre- peut se construire du secondaire à l’université.

Quels décalages dans les processus de lecture/écriture requis dans les enseignements secondaire et
universitaire rendent-ils complexes la construction de ce continuum ?
Quelles pratiques communes / spécifiques existent ou pourraient être expérimentées ?

 

Modalités d’organisation

Trois modalités de communication prendront place au cours des trois demi-journées :

Des conférences : le programme de ces journées d’étude prévoit la présentation de travaux de recherches et de réflexions théoriques permettant de traiter les trois axes proposés.

Des tables rondes : elles seront l’occasion de confronter les regards venant d’horizons différents tant disciplinaires que professionnels.

Des ateliers : il s’agira d’approfondir les trois axes proposés à travers le partage de ressources et de l’analyse de pratiques.

Ces trois modalités seront organisées de la manière suivante :

  • 1ère demi-journée : ateliers
  • 2ème demi-journée : conférences et tables rondes
  • 3ème demi-journée : ateliers

 

 

Programme détaillé

20 novembre 13h45 – 17h30

13h45 – 14h00 : Accueil des participants et café

14h00 – 14h15 : Présentation des journées d’étude, Dyanne Escorcia, MCF Sciences de l’éducation, INSPé de Poitiers.

14h15 – 16h15 : Ateliers 1, 2 et 3 en sessions parallèles

16h15 – 16h30 : Pause (Café, viennoiseries)

16h30 – 17h30 : Synthèse des ateliers. Modératrice des échanges entre les participants : Dyanne Escorcia

 

21 novembre 9h00-17h30

9h00 – 9h15 : Accueil des participants et café

9h15 – 9h45 : Conférence

Lire et écrire à l’université : regard didactique sur les exigences de l’écriture académique. Une analyse portant sur ce qui se joue au cours de la transition secondaire- université.

Isabelle Delcambre, Professeur honoraire Sciences du langage, Université de Lille 3

Résumé
Les attentes portant sur l’écriture à l’université sont multiples, mais peuvent être réduites à la combinaison de la restitution des savoirs (dimension expositive de l’écriture), d’une part, et de la production de savoirs et construction d’un point de vue (dimension argumentative), d’autre part, combinaison qui tantôt penche vers la première dimension (les écrits d’examen, les questions de cours), tantôt vers la seconde (les mémoires et autres écrits longs). Ce double mouvement est générateur de tensions et de difficultés pour les étudiants. Ils ont une représentation confuse de ces attentes, notamment en ce qui concerne la construction d’une posture d’auteur qui suppose réflexion critique sur les savoirs et les auteurs lus. Autre source de difficultés : la méconnaissance des genres de discours pratiqués dans leur discipline. J’illustrerai ces questions en m’appuyant sur l’exemple de la dissertation, dont on peut penser que c’est le genre même de discours commun au secondaire et au supérieur et pour lequel les étudiants doivent être mieux armés. Et pourtant, les choses sont complexes. D’une part, au secondaire, ce genre est pratiqué selon des attentes différentes dans les disciplines scolaires qui la pratiquent (Lettres, Histoire-Géographie, SES, Philosophie), et d’autre part, il n’est pas sûr que les attentes soient les mêmes à l’université. Un indice de ces évolutions est le sentiment de facilité/difficulté déclaré par les étudiants par rapport aux genres de discours qu’ils découvrent à l’université. J’analyserai également, dans ces déclarations à propos de la dissertation, le poids respectif du rapport aux contenus de savoirs et des spécificités de l’écriture académique comme l’intertextualité et l’argumentation. Pour conclure que l’apprentissage de l’écriture ne s’arrête pas à la fin de l’enseignement secondaire, comme l’établissent les recherches qui sont ancrées dans le champ de la littéracie universitaire.

9h45 – 10h15 : Conférence

Lire pour écrire et pour apprendre dans le secondaire et à l’université. Un regard portant sur la dimension épistémique de la lecture.

Nuria Castells, MCF Psychologie de l’éducation, Université de Barcelone

Résumé
Apprendre un contenu ou une matière en profondeur, en intégrant des perspectives complémentaires ou des questionnements sur l’objet étudié, fait appel à un usage épistémique de la lecture et de l’écriture (Wells, 1987). Aller vers cette fonction épistémique implique, entre autres, apprendre à intégrer, au cours de l’écriture, des informations issues de sources diverses, par exemple, durant la production d’écrits de synthèses. Malgré que la production de synthèses écrites, ou de tout type d’écrit nécessitant l’intégration de sources multiples, donne lieu à des tâches complexes (Nelson, 2008), la recherche nos permet de concevoir un modèle des processus impliqués dans la résolution de ces activités complexes facilitant ainsi l’identification d’interventions éducatives possibles.

10h15 – 10h45 : Conférence

Lecture fonctionnelle : mécanismes cognitifs et difficultés des étudiants.

Jean-François Rouet, Directeur de Recherche au CNRS, Université de Poitiers

Résumé
Dans cette intervention je propose d’examiner les défis que représente la lecture au service des études universitaires pour les nouveaux étudiants. Au-delà de ses aspects élémentaires (décodage des mots écrits et de la compréhension littérale des textes), la lecture universitaire regroupe un ensemble d’activités complexes qui demandent des connaissances et des stratégies que les études secondaires ne suffisent pas à maîtriser. L’étudiant est ainsi un « apprenti-lecteur expert » en grand besoin d’enseignement et d’entrainement à ces formes de lecture complexes. Je présenterai une analyse des processus cognitifs impliqués dans la lecture universitaire ainsi qu’un ensemble d’objectifs pour la formation en Licence, dont certains ont déjà pu être expérimentés dans le cadre du projet PaRé.

10h45 – 11h15 : Table ronde 1

Les facteurs qui participent au développement des compétences en compréhension et en production de textes chez des élèves du secondaire et chez des étudiants.

Modérateur : Victor Millogo, MCF en psychologie cognitive, Université de Poitiers.
Participants : Isabelle Delcambre, Nuria Castells et Jean-Franços Rouet.

11h15 – 11h30 : Pause (Café, viennoiseries)

11h30 – 12h30 : Table ronde 2

Pratiques d’enseignement dans le secondaire et à l’université : fonctions de l’écrit, usages dans les disciplines et attitudes des élèves et des étudiants.

Modérateur : Julien Celle, enseignant d’arts plastiques, formateur à l’INSPé de Poitiers.

12h30 – 14h00 : Pause méridienne

14h00 – 16h00 : Ateliers 4, 5 et 6

16h00- 16h15 : Pause (Café, viennoiseries)

16h15 – 17h15 : Synthèse des ateliers

17h15 – 17h30 : Clôture des journées d’étude, Dyanne Escorcia

 

 

Présentation des ateliers

Objectifs

Analyser les obstacles que les étudiants / élèves du secondaire rencontrent, en identifier avec les participants les difficultés les plus fréquentes.
Présenter et échanger avec les participants autour des ressources nécessaires pour mieux accompagner l’apprentissage de la compréhension et de la production d’écrits à l’université et dans le secondaire.
Etudier des pratiques d’enseignement pour faciliter la transition des élèves du secondaire vers l’université.

Contenus

Atelier 1 : Lire – écrire pour apprendre dans le secondaire et à l’université

Nuria Castells, MCF en psychologie, Université de Barcelone, et Laurent Paquereau, Conseiller pédagogique CRIIP- Faculté de Droit et sciences sociales, Université de Poitiers

Résumé
Cet atelier veut apporter aux enseignants différentes ressources visant à aider les étudiants à préparer des documents écrits intégrant des informations provenant de différentes sources dans un but d’apprentissage.  A l’université comme dans le secondaire, nombreuses sont les tâches qui nécessitent la lecture de divers textes écrits puis l’écriture d’un texte unique dans lequel les différentes visions sont intégrées.  Aussi nous concentrerons-nous sur l’exercice de la synthèse. Un modèle de résolution de cette activité sera proposé. Aider les étudiants à définir l’objectif de l’écrit qu’ils doivent faire, à sélectionner l’information la plus pertinente, à organiser le texte et le vérifier, voilà le but de l’atelier. 
Atelier 2 : favoriser la prise de notes des étudiants : présentation d’un dispositif expérimenté à l’Université de Poitiers

Thierry Olive, Directeur de Recherche au CNRS, Université de Poitiers, Nicolas Epinoux, enseignant Faculté du Sport, Université de Poitiers, Arber Shtembari, Docteur en sociologie et Ingénieur de recherche au CRIIP

Résumé
Dans cet atelier nous exposons le résultat d’un travail collaboratif réalisé par une équipe pédagogique (un enseignant, deux ingénieurs de recherche, une conseillère pédagogique et un chercheur) menant une recherche-action qui visant l’amélioration de la communication pédagogique dans le but de favoriser et faciliter la prise de notes des étudiants. En croisant les regards étudiants et enseignants sur les pratiques d’enseignement, ce dispositif d’accompagnement pédagogique interroge ces pratiques de manière réflexive et contribue à la formation pédagogique des enseignants. En s’appuyant sur les résultats de la recherche sur la problématique de la prise de notes étudiante, nous présentons dans cet atelier la recherche-action en tant que méthode de questionnement sur et dans son enseignement, participant de manière plus large au développement des pratiques professionnelles des enseignants.
Atelier 3 : Psychologie cognitive de l’écriture : étude de l’impact des nouvelles technologies.

Sirine Bouriga, Doctorante en psychologie, ATER à l’INSPé de Poitiers et Pascal Bougoin, Ingénieur de formation au CRIIP

Résumé
L’écriture est une activité omniprésente dans le système scolaire ainsi qu’universitaire. Le processus d’apprentissage et les modalités d’évaluation, des élèves et des étudiants, sont étroitement liés à la production d’écrits. Dans ce sens, l’objectif de cet atelier est double : se familiariser avec les mécanismes cognitifs mis en œuvre lors de la production écrite de texte et saisir les différentes stratégies d’écriture en fonction de l’outil utilisé (ordinateur vs. main). L’atelier se déroulera en 3 temps: théorique (définition des différents processus rédactionnels), mise en pratique en groupe (rédaction de textes ordinateur vs. main et repérage de la stratégie rédactionnelle utilisée en fonction de l’outil) et pour finir, applications contextualisées (mise en lien des apports de l’atelier avec les expériences professionnelles des participants).
Atelier 4 : Favoriser la lecture fonctionnelle

Résumé à venir

Atelier 5 : Analyse didactique de l’enseignement de la lecture de textes scientifiques à l’université. Etude des représentations des enseignants et des étudiants.

Isabelle Delcambre, Pr honoraire, Sciences de l’Education, Université de Lille 3 et Lida Rincón, MCF Sciences de l’éducation, Université Pedagógica Nacional de Colombie.

Résumé
Cet atelier portera sur l’aide à la compréhension de textes académiques. Deux axes seront développés :

  • D’une part, un travail sur la formulation de consignes de lecture qui mettent les étudiants en activité.
  • D’autre part, l’analyse des effets d’un programme d’enseignement de stratégies de compréhension de textes basé sur la prise en compte des connaissances préalables des étudiants.

Dans les deux cas, des exemples seront présentés issus d’expériences d’enseignement et/ou de travaux de recherches. Ainsi, la description d’un module de lecture en Licence Sciences de l’éducation (Lien vers article) précèdera la présentation détaillée d’un modèle éducatif testé auprès d’étudiants de Licence.

Intervention d’Isabelle Delcambre

Je proposerais aux participants de lire un des textes choisis pour les étudiants dans un module de lecture en Sciences de l’éducation et de formuler des consignes de lecture qui permettraient aux étudiants de prendre conscience de certaines des spécificités de l’écriture scientifique. La présentation du module de lecture (ses principes, ses modalités et quelques-uns de ses résultats) pourra ensuite être discutée à la lumière des propositions de consigne précédemment élaborées.

Intervention de Lida Rincón

L’objectif est de mener collectivement un travail pratique sur des possibles stratégies pour enseigner des compétences en compréhension de textes académiques. L’atelier donnera l’opportunité à chacun d’apporter son expertise, son expérience et/ou son point de vue.  À cet effet, je propose de commencer par la présentation d’un modèle qui a servi à la conception d’une séquence d’enseignement et de ses unités didactiques. Les participants seront ensuite invités à faire des propositions d’enseignement en s’inspirant du modèle présenté.

Atelier 6 : Apports de la métacognition à la compréhension/production d’écrits à l’université

Dyanne Escorcia, MCF sciences de l’éducation, Université de Poitiers et Marta Minguela, Enseignant-chercheur Université de Barcelone.

Résumé
Le présent atelier propose d’aborder les contributions de la métacognition au développement des compétences des étudiants en lecture et en production de textes universitaires. Après avoir présenté brièvement les notions clés associées à notre thématique (métacognition, autorégulation, connaissances métacognitives, auto‑évaluation), nous présenterons deux exemples de dispositifs d’accompagnement des étudiants et les principaux résultats obtenus à l’issue de travaux de recherche. S’en suivront des échanges avec le public afin d’identifier les apports et les difficultés à une mise en œuvre de pratiques d’enseignement basées sur la métacognition pour faciliter la transition du secondaire vers l’université.

Comité d’organisation

Nuria Castells, Université de Barcelone
Julien Celle, Université de Poitiers
Dyanne Escorcia, Université de Poitiers
Mayilin Moreno, Universidad del Norte

Communication et appui logistique

Marjorie Delangle, CRIIP, Université de Poitiers
Hélène Desormes, INSPé de Poitiers
Marina Chatendeau, INSPé de Poitiers

Cet événement est financé par le projet IDEFI-PaRé, l’INSPé de Poitiers, l’université confédérale Léonard de Vinci, et le laboratoire CeRCA

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Inscription

L’inscription est gratuite mais obligatoire

Inscription journées d'étude des 20 et 21 novembre
  •   Oui
      Non

 

Lieux

Conférences et tables rondes : Amphithéâtre Frères Lumière, I-média B21 – 7 rue Shirin Ebadi Bât B21, 86000 Poitiers

Ateliers : MSHS  A5 – 5 rue Théodore Lefebvre 86000 Poitiers

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